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 Sujet: Le sénégal est il toujours un pays francophone ?
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Auteur Sujet: Le sénégal est il toujours un pays francophone ?  (Lu 1176 fois)
dofdof
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« le: 09 Août 2011 à 13:15:05 »

Le Sénégal est-il encore un pays francophone?
A Dakar, le français recule au profit du wolof. Un phénomène de fond qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne.
 
«Kaay ndékki !» Lorsque l’on se balade au petit matin dans les quartiers populaires de Dakar, difficile de ne pas entendre cette invitation à venir déguster le petit-déjeuner. Une offre sympathique, émanant souvent de gens modestes, qui ont le goût du partage, de la teranga (l’hospitalité à la sénégalaise).

Si cette invitation est formulée en wolof et non pas en français alors qu’elle s’adresse à un toubab (un blanc), n’y voyez pas l’expression d’une quelconque défiance. C’est tout simplement dû au fait que dans ces immenses banlieues dakaroises, l’usage du français est des plus limités.

Le wolof règne en maître. Un grand nombre d’habitants des banlieues sont bien incapables de formuler des phrases en français. Certains n’ont jamais été à l’école. Parmi ceux qui y sont allés, beaucoup n’ont guère entendu la langue de Molière, bien des enseignants préférant s’exprimer en wolof, même pendant les cours.

Parlez-vous wolof?
Dans nombre de capitales d’Afrique francophone, la langue de Voltaire a pu s’imposer comme lingua franca, permettant à des centaines d’ethnies de se mettre d’accord sur l’usage d’une langue, d’avoir un terrain d’entente. A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l’on préfère parler le français plutôt que de donner la primeur à telle ou telle autre langue. Tout est différent à Dakar, la capitale du Sénégal, où le wolof s’est imposé. Même dans les milieux intellectuels, cette langue gagne du terrain.

«Mon patron impose l’usage du wolof dans toutes les conversations. Même si cette langue n’est pas vraiment adaptée aux discours techniques», explique Aissata, cadre dans une grande compagnie d’assurance.

A Dakar, les autres Africains francophones sont très souvent désarçonnés par cette omniprésence.

«J’ai demandé à des Sénégalais de m’indiquer le chemin. Ils m’ont répondu qu’il fallait s’exprimer en wolof, alors même que je leur avais expliqué que je ne parle pas cette langue», s’étonne un Ivoirien, qui a dû abandonner la conversation avant qu’elle ne tourne au pugilat.

«Nombre d’Ivoiriens, de Béninois et autres expatriés se sentent de moins en moins à l’aise à Dakar, à cause de l’omniprésence de cette langue uniquement en usage au Sénégal», explique Alphonse, un enseignant d’origine béninoise.

Même des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue. 

«Très longtemps, le chanteur Baaba Maal a été boudé par les radios sénégalaises parce qu’il chantait en pulaar (la langue des Peuls) et non pas en wolof. Moi aussi je veux défendre ma culture. A la maison, avec mes enfants je ne parle que le français et le pulaar. Je veux leur transmettre cet élément essentiel de l’identité», affirme Assan, un haut fonctionnaire d’origine peule.

En Casamance, dans le sud-ouest du Sénégal, comme dans les autres régions, le poids du wolof irrite parfois. «Au tribunal, les conversations se font le plus souvent dans cette langue. Les populations locales sont défavorisées. Ce n’est pas leur idiome. Comment peuvent-elles se défendre dans une langue qu’elles ne maîtrisent pas?», regrette Savané, un haut fonctionnaire, même s’il reconnaît que des interprètes sont présents dans la plupart des juridictions.

Le français n'a plus la cote
A la télévision et à la radio, le wolof domine aussi. Les programmes en français ou dans les autres langues sont très minoritaires. Les débats politiques, sociétaux ou culturels ont généralement lieu en wolof. Un wolof mâtiné de français. Seules les telenovelas, les films américains ou les séries indiennes sont doublés en français. Mais inutile d’espérer le commentaire d’un combat de lutte dans la langue de Molière. On un quelconque sous-titrage en français des débats en wolof. Par certains côtés, beaucoup d’Occidentaux éprouvent moins un sentiment d’altérité dans le sud du Nigeria où le pidgin-english (encore appelé broken english) sert de langue véhiculaire.

Au Sénégal, nombre d’enseignants se plaignent d’une baisse générale du niveau en français. «Il a considérablement diminué au cours des dernières années. Les professeurs parlent  très souvent en wolof. Dans la vie de tous les jours, le wolof domine», explique Oumar Sankharé, enseignant à l’université de Dakar. Il ajoute une explication politique:

«Lorsque l’on demande à certains Sénégalais pourquoi ils ont autant de réticence à s’exprimer en français, ils donnent des justifications politiques. Ils affirment que ce n’est pas la langue du Sénégal. Un étrange nationalisme s’est développé ces dernières années.»

Après Léopold Sedar Senghor, Oumar Sankharé est le deuxième agrégé de grammaire du Sénégal. Il vient de décrocher ce précieux titre. Mais, selon Oumar Sankharé, les médias dakarois en ont peu parlé. «Ici, on préfère faire les gros titres sur des lutteurs et des politiciens», constate l’un de ses collègues.

Même les enseignants du primaire s’alarment du niveau des élèves. «Il a considérablement baissé. C’est pire chaque année», s’inquiète Cheikh, un instituteur dakarois. Cheikh constate lui aussi que les enseignants préfèrent parler à leurs élèves en wolof. Même les élites ont pris le parti de s’exprimer de plus en plus souvent en wolof. Le français pratiqué est parfois devenu hésitant ou académique. Comme s’ils parlaient une langue étrangère. Ou même une langue morte. Le vocabulaire est quelques fois daté, ancien, figé.

Une situation d’autant plus étonnante que le Sénégal s’enorgueillit d’être le berceau de la francophonie. Léopold Sedar Senghor (chef de l’Etat de 1960 à 1980) a été un grand défenseur de la francophonie. Il prétendait même au titre de «père de la francophonie». Le président poète a toujours proclamé son amour de la langue française. Son successeur, Abdou Diouf (au pouvoir de 1980 à 2000), dirige désormais la francophonie.

A l’image de Jacques Diouf, à la tête de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) jusqu’à l'été 2011, les Sénégalais sont omniprésents dans les organismes internationaux. Traditionnellement, ils étaient réputés pour leur maîtrise de la langue française. Des Ivoiriens avaient d’ailleurs pour coutume de dire que les Sénégalais parlaient le «gros français», à savoir le français des Français. Mais de plus en plus, le «gros français» donne l’impression de décliner. Il laisse place à un français créolisé, un mélange de français, de wolof et aussi d’anglais.

L'attrait des Etats-Unis
De plus en plus de Sénégalais font des études et de longs séjours en Amérique du Nord et ils truffent leur français d’expressions américaines. Le déclin du français au Sénégal est aussi lié, sans doute, à la perte d’influence de Paris. Et au moindre attrait de la culture française à Dakar.

La capitale sénégalaise est la région la plus à l’ouest d’Afrique, la plus proche des Etats-Unis. Une terre qui fait fantasmer. Même les lutteurs professionnels rêvent d’Amérique. A l’image de l’une des vedettes de la profession, Tyson, qui aime à se vêtir d’une bannière étoilée et à s’entraîner aux Etats-Unis.

Fin juillet à Dakar, j’ai croisé l’ex-ministre d’Etat Landing Savané. Cet ancien militant d’extrême gauche affirme qu’il sera sans doute candidat à l’élection présidentielle de 2012. Même lui qui revendique son passé soixante-huitard à Paris, admet regarder de moins en moins vers le Quartier latin. Quand Landing Savané n’est pas au Sénégal, c’est aux Etats-Unis qu’il se rend désormais. Signe des temps, Sitapha l’un de ses enfants choisit une toute autre voie que celle de son père. Le fils de Landing Savané joue au basket aux Etats-unis... En NBA.

Pierre Cherruau

 

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TOM
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« Répondre #1 le: 10 Août 2011 à 00:12:11 »

Le déclin du français au profit du wolof peut aussi s'interpréter par un désir, plus ou moins conscient, du Sénégal de retrouver une certaine identité et une certaine indépendance culturelle. Que certains sénégalais veuillent se démarquer par l'usage du wolof plutôt que du français ne me choque donc pas.

Ce que je pense en fait, c'est que le français devrait être enseigné dans les écoles et lycées comme seconde langue, au même titre que l'anglais ou l'espagnol, et que le wolof devrait être la langue nationale.

NB : Je ne parle pas le wolof. Snif !
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« Répondre #2 le: 10 Août 2011 à 11:36:01 »

Sauf erreur, il y a 6 langues nationales (wolof, sérère, diola, peulh,...)
et le français est la langue officielle et administrative.
Il n'y a pas de raison de privilégier le wolof au détriment d'une autre langue nationale,
même si dans les faits, c'est ce qui est tenté d'être appliqué.
Et il est faux de dire que tous les sénégalais (et même 80%) comprennent le wolof.
On en est très loin, sauf à considérer que faire les salutations et les courses de base
à la boutique du coin, c'est comprendre le wolof, et encore, beaucoup ne savent même pas.
De plus une infinité de wolof  écrivent et lisent le wolof, même si cela fait longtemps qu'il a été codifié.

Qui plus est dans les discours politiques et les émissions télé et radio en wolof, le français
est utilisé pour de nombreux termes, résultat : celui qui ne parle pas le français ne comprend rien.
Que l'on considère que le français soit une langue étrangère, c'est un fait et je comprends que cela puisse froisser,
mais le mal est fait.
Que l'on considère que le français soit en perte de vitesse et qu'une autre langue soit plus "adaptée", ok.
Alors pourquoi ne pas utiliser l'anglais, le russe, l'arabe, le chinois,... perso, je ne défends pas le français.
Car quelle est la place du wolof dans le monde et même en Afrique et dans la sous-région?

Par contre, il serait intéressant qu'une langue nationale, au choix, soit étudiée dans les écoles.
Là, cela serait vraiment utile pour la culture locale.

Imposer le wolof est aussi de la colonisation et de la démagogie.



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« Répondre #3 le: 10 Août 2011 à 22:42:40 »




Par contre, il serait intéressant qu'une langue nationale, au choix, soit étudiée dans les écoles.
Là, cela serait vraiment utile pour la culture locale.


tout à fait d'accord !
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« Répondre #4 le: 11 Août 2011 à 22:01:42 »

Du coup ils doivent apprendre plusieurs langues à la fois ....
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« Répondre #5 le: 12 Août 2011 à 12:48:03 »

Sauf erreur, il y a 6 langues nationales (wolof, sérère, diola, peulh,...)
et le français est la langue officielle et administrative.
Il n'y a pas de raison de privilégier le wolof au détriment d'une autre langue nationale,
même si dans les faits, c'est ce qui est tenté d'être appliqué.
Et il est faux de dire que tous les sénégalais (et même 80%) comprennent le wolof.
On en est très loin, sauf à considérer que faire les salutations et les courses de base
à la boutique du coin, c'est comprendre le wolof, et encore, beaucoup ne savent même pas.
De plus une infinité de wolof  écrivent et lisent le wolof, même si cela fait longtemps qu'il a été codifié.

Qui plus est dans les discours politiques et les émissions télé et radio en wolof, le français
est utilisé pour de nombreux termes, résultat : celui qui ne parle pas le français ne comprend rien.
Que l'on considère que le français soit une langue étrangère, c'est un fait et je comprends que cela puisse froisser,
mais le mal est fait.
Que l'on considère que le français soit en perte de vitesse et qu'une autre langue soit plus "adaptée", ok.
Alors pourquoi ne pas utiliser l'anglais, le russe, l'arabe, le chinois,... perso, je ne défends pas le français.
Car quelle est la place du wolof dans le monde et même en Afrique et dans la sous-région?

Par contre, il serait intéressant qu'une langue nationale, au choix, soit étudiée dans les écoles.
Là, cela serait vraiment utile pour la culture locale.

Imposer le wolof est aussi de la colonisation et de la démagogie.


Ce n'est pas aussi simple que cela!!! Le Wolof domine car les wolofs ont été les premiers à se mélanger aux autres et même toujours!!! En plus des faits historiques. Quand j'aurai le temps, je détaillerai un peu
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BELEIVE
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« Répondre #6 le: 12 Août 2011 à 13:35:07 »

J'ai évidemment simplifié.
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"Ma liberté" Reggiani/Moustaki :
"...Je t'avais tout donné Ma dernière chemise...
J'ai changé de pays...
Ma liberté Tu as su désarmer Mes moindres habitudes
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« Répondre #7 le: 16 Août 2011 à 13:02:29 »

je me suis aperçu que dans plusieurs pays africains, le fait de préférer parler wolof est vu comme une bizarerie sénégalaise.
la grande majorité (pro français ou non) reconnait que cette langue commune à tous est plutôt une chance vu le nombre d'ethnies dans chaque pays et dans l'afrique de l'ouest.

tiens, imaginons, plusieurs pays qui s'unissent politiquement et économiquement dans une grande communauté. l'europe? ben non, l'afrique (j'ai dit imaginons).
abolitions des frontiéres comme l'europe
monnaie commune (le cfa) comme l'europe
langue commune, tout le monde se comprend, pas comme en europe
un maximum de ressources naturelles, pas comme en europe où elles sont quasi épuisées.
avec tous ces atouts, l'europe n'aurait qu'à bien se tenir


je suis en train de penser que où que je sois en afrique francophone, quand je suis avec ou chez quelqu'un, les gens parlent en français entre eux en ma présence par égard ou politesse envers moi.
il n'y a qu'au sénégal où les conversations se poursuivent en wolof bien que les gens parlent français.
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« Répondre #8 le: 17 Août 2011 à 01:46:19 »

je me suis aperçu que dans plusieurs pays africains, le fait de préférer parler wolof est vu comme une bizarerie sénégalaise.
la grande majorité (pro français ou non) reconnait que cette langue commune à tous est plutôt une chance vu le nombre d'ethnies dans chaque pays et dans l'afrique de l'ouest.

tiens, imaginons, plusieurs pays qui s'unissent politiquement et économiquement dans une grande communauté. l'europe? ben non, l'afrique (j'ai dit imaginons).
abolitions des frontiéres comme l'europe
monnaie commune (le cfa) comme l'europe
langue commune, tout le monde se comprend, pas comme en europe
un maximum de ressources naturelles, pas comme en europe où elles sont quasi épuisées.
avec tous ces atouts, l'europe n'aurait qu'à bien se tenir


je suis en train de penser que où que je sois en afrique francophone, quand je suis avec ou chez quelqu'un, les gens parlent en français entre eux en ma présence par égard ou politesse envers moi.
il n'y a qu'au sénégal où les conversations se poursuivent en wolof bien que les gens parlent français.

Gros défaut de sénégalais!!!
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