Le Haïku au Sénégal.

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Ndar:
Article de janvier 2008 :

"""Livre * « LE HAÏKU AU SENEGAL, UN REGARD SUR DEUX CIVILISATIONS : 1979-2007 » , Réflexions croisées autour du Haïku

Genre poétique né au Japon, le Haïku s’est révélé au Sénégal depuis plus de 20 ans. Il s’est imposé aussi dans notre pays comme en atteste le livre « le Haïku au Sénégal, un regard sur deux civilisations : 1979-2007 » qui est une compilation de discours sur ce genre poétique édité par l’ambassade du Japon au Sénégal .

Véritable trait d’union culturel entre le Sénégal et le Japon, le Haïku est un court poème en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes. Il est une des facettes de la culture japonaise. Introduit au Sénégal depuis 1979, le concours de Haïku voit chaque année la participation de plusieurs personnes. Il a séduit pas mal de Sénégalais. Le Haïku est fonction d’une situation, d’un état d’âme, de couleur du ciel ou du bruit du vent...Né au Japon, le Haïku a réussi une belle entrée en matière au Sénégal. D’où une spécificité du Haïku Sénégalais comme l’affirme le Pr Madior Diouf.

« Le Haïku japonais est marqué par une extrême sobriété ... quant au Haïku sénégalais, il est en parfaite correspondance avec sa nature véritable. Il est marqué par le contraste d’images pertinents, la charge du temps, l’intuition, la vivacité, l’éclat. Le Haïku sénégalais reflète les sensibilités ethniques et régionales. Il s’agit de la richesse diversifiée de nos terroirs, du retour au pays natal. Il présente la sécheresse, le bois sacré, le vieux baobab qui protège de ses gigantesques doigts crochus la case au toit de chaume... » souligne le Pr Madior Diouf, qui a été longtemps membre du jury du concours de Haïku. Il en ajoute que le Haïku est devenu un genre poétique sénégalais au même titre que le « Taasu » ou tout autre genre de la tradition orale.

Dans le livre, figure aussi un discours de présentation de l’ambassadeur du Japon au Sénégal à l’introduction du Haïku, Soono Hchida. Autre contribution importante, celle du Président Léopold Sédar Senghor en 1983 intitulée « La leçon poétique du Japon ».

Le poète- président y rappelle les conditions de l’introduction du concours de Haïku dans notre pays et les similitudes entre les rythmes du Haïku et celles africaines. « Malgré la différence de langue, j’ai trouvé dans les Haïkus cités par M. Hchida, une certaine mélodie, qui m’a rappelé, « mutatis mutandis », celle des « kim njom » psalmodiés.

Rien d’étonnant, au demeurant, puisque le Japonais est une langue agglutinante, comme l’étaient toutes les langues africaines, celle du groupe « khoïsan » exceptées avant les invasions sémitiques et albo-européens en Afrique, y compris l’égyptien ancien ». Cette ressemblance du Haïku avec des genres poétiques locaux a été reprise par Amadou Ly, professeur de lettres à l’Ucad, à l’occasion de la remise des prix du concours en 1985. « Les Sénégalais font de la poésie sans le savoir, en des formes variées, souples mais néanmoins contraignantes, et en toutes circonstances : baptêmes, circoncisions, mariages, funérailles, humbles et quotidiennes activités domestiques, chasse, pêches, cérémonies religieuses, lutte, et même disputes et brouilles entre voisines, tout est prétexte à chansons, et donc à poésie. Voila pourquoi, les sénégalais, on ne peut plus ouverts aux souffles des quatre coins du monde, ne pouvaient manquer d’être attirés par le Haïku comme ils l’ont été par le bayit et le sonnet.

Cela d’autant plus normal que le Haïku a pour règle essentielle l’évocation d’une « correspondance », mieux d’une symbiose de l’Homme et de la Nature par le biais d’un sentiment ».

Oumar NDIAYE - LE SOLEIL"""

salwa:
j'en avais jamais entendu parler ici !
j'aimerais bien lire quelques haiku senegelais

Ndar:
On va essayer d'en trouver.

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